Basse Fréquence

Gaza, théâtre politique tragique

Théo, publié le 01 Janvier 1970
Gaza, théatre politique tragique. Pas d’entracte dans la spirale de la violence

- Lundi 27 mai 2019 - Temps de lecture estimé : 4 min 

Depuis le lundi 5 mai des centaines de tirs de roquettes en provenance de Gaza ont atteint des cibles aléatoires israéliennes et ont causés la mort de 4 personnes. Fait inédit depuis 2014. Le Hamas (organisation para-militaire palestinienne crée en 1987) a revendiqué ces tirs en l’absence de concessions de la part de l’État hébreux en matière d'allègements du blocus imposé à la bande de Gaza le 14 juin 2007.


Le gouvernement israélien a déployé des unités de blindées ainsi que l’infanterie Golani le long de la frontière israélo-palestinienne et ordonné une riposte par des frappes massives tuant 26 palestiniens. La zone de pêche autorisée au large de Gaza a aussi été réduite par Israël et les points de passages frontaliers ont été fermé, seul les camions transportant le kérosène permettant d’alimenter la bande de Gaza en électricité ont été autorisé à circuler. Ces attaques se succèdent de manière croissante et viennent fragiliser l’accord de cessez-le feu établit entre les différentes parties. Pour Israël l’urgence de ces derniers mois était de calmer des tensions qui viennent faire de l’ombre à la médiatisation de l’eurovision qui constituait un évènement majeur dans le pays.

Les deux principales factions armées palestiniennes ont été convoquées au Caire puisque l’Égypte (nouveau médiateur du conflit frontalier) se déçoit de la tournure du cessez-le-feu obtenu en mars dernier entre Israël et son voisin Gazaoui. Depuis que les états-unis ont reconnu la ville sainte de Jérusalem comme bipartite, le gouvernement américains n’est plus considéré comme un médiateur crédible aux yeux des Autorités Palestiniennes (AP) menés par le président Mahmoud Abbas ainsi que par le groupes armées de l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine), le Hamas et le Jihad islamiste (ici; Al-Qods: milice considérant le Jihad comme instrument palliant aux injustices).

Depuis la chute de Mohammed Morsi en 2013 renversé par un coup d’État militaire, le nouveau régime autoritaire de Mr. Al-Sissi n’aide en rien dans les relations qu’entretenaient l’Égypte et les territoires palestiniens. Les militaires égyptiens ont fait fermer les tunnels souterrains partant du pays vers la bande de Gaza et qui servaient de passage de rationnement et de voies de commerce illicite au Hamas. Force est de constater que le Hamas n’a plus les moyens nécessaires d’acheminer les vivres essentielles au contrôle de la population. Les Gazaouis sont pris en étau dans une mécanique de violence et d’instrumentalisation qui sert de piler aux factions armées pour étendre leur influence, aujourd’hui contestée. Les deux millions d’habitants sont à la fois exaspérés par les regains de tensions et par le ralentissent sensiblement l’économie de la région (le chômage s’élève à plus de 70% chez les jeunes) et des fortes répressions du Hamas en mars dernier face aux manifestations contre le coût de la vie. Mais sont aussi, enclins à la propagande du Hamas qui depuis mars 2018 a mis en place la dite « Marche du Retour ». Manifestations hebdomadaires aux abords des clôtures séparant Gaza d’Israël où l’on a dénombré près de 200 morts et 6500 blessés par balles dans les rangs des manifestants, répression légitimée par le gouvernement Israélien suite aux utilisations récurrentes de cerfs-volants incendiaires aux abords de la “frontière”. Par ailleurs, l’Égypte tente de contenir les initiatives des différentes factions armées qui accusent Israël de ne pas remplir ses obligations économiques destinés à alléger blocus de Gaza. Tandis qu’Israël pointe du doigt la culpabilité de ces factions à ne pas coopérer dans le maintien du calme et d’entretenir les tensions.

Aujourd’hui l’Égypte se hisse sur la scène internationale dans le rôle de nouveau médiateur privilégié du conflit israélo-palestinien. De son côté le Qatar achemine 15 millions de dollars en liquide à Gaza chaque mois, somme venant relativement compenser les pertes économiques du pays ainsi qu’une aide humanitaire de 60 millions de dollars pour pallier au retrait du gouvernement américains de l’agence de l’ONU chargée des 5 millions de réfugiés palestiniens et de leurs descendants UNRWA (United Nations Relief and Works Agency for Palestinian Refugees in the Near East). Le conflit israélo-palestinien reste ainsi le théâtre de luttes de pouvoir au sein de la région. Théâtre où les acteurs principaux sont amenés à changer, bien que l’issue reste toujours aussi dramatique pour les populations concernées.



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